samedi, juillet 31, 2021
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    novus ordo feminam/ le nouvel ordre féminin !

    Aziz Cheboub

    « Mon Dieu, que l’Homme est compliqué quand c’est une femme ! » Fiodor Dostoïevski.

    La définition la plus basique du féminisme serait de le présenter comme étant un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales partageant un objectif commun : définir, établir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. Bien que l’idée de la libération de la femme soit intrinsèquement liée aux siècles des lumières, certains affirment qu’il existait même à l’époque Antique en particulier chez les Grecs, mais il ne prend son véritable sens qu’au XIX Siècle.

    Dans son premier élan, il n’avait pour but que la réforme des institutions, à très court terme, instituer l’égalité devant la loi, et ce n’est qu’au 1960 que le mouvement connait son second élan coïncidant avec l’issue du Mouvement de libération des femmes (MLF) et du women’s Lib. Il est des penseurs, écrivains, philosophes, hommes et femmes féministes comme il en existe d’ailleurs ceux qui sont contre, anti-féministes car anti-capitalistes diront quelques-uns.

    De la reine Catherine à Marguerite Thatcher, des exemples abondent reflétant la cruauté féminine, faisant du deuxième sexe un être aussi sadique que l’est l’homme. Les partisanes de cette idéologie qui ne cesse de s’accroitre sont pour la plupart des bourgeoises. Ces dernières n’avaient pas réellement les mêmes objectifs que les femmes prolétariennes, c’est une émancipation qui se fait aux dos des autres, pendant que l’une travaille, l’autre travaille comme nourrisse pour la première sachant que, rares sont les femmes venant de la classe populaire s’avise à s’offrir une nourrisse.

    L’essai de Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe considéré comme le manifeste du féminisme ou l’auteure fustige les femmes pour leur aliénation consentie par l’homme, d’où l’on retient cette citation « On ne naît pas femme, on le devient ». Au chapitre appelé Du narcissisme féminin, De Beauvoir expliquait que le narcissisme n’est pas du tout lié au féminin, c’est plutôt la culture qui rendait la femme de la sorte.

    Le féminisme « Beauvoirisme » dit que les femmes et les hommes sont égaux et l’autre Women’s Lib : « nous sommes différentes, mais nous voulons les mêmes droits. Il y a la différence puis il y a le patrimoine commun. » La sororité n’est plus chez les féministes surtout chez celles qui ne partagent pas les mêmes croyances religieuses, les féministes musulmanes et les féministes chrétiennes ont un dialogue de sourds. Dans une émission de télé Le grand angle du 64° de TV5 Monde enregistrée le 05 Mars 2013, Hanane Karimi, porte-parole du collectif Les femmes de la mosquée constitué principalement de femmes Européennes. Parle d’un féminisme sunnite sur référent sur le vécu du Prophète.

    Il est plus que nécessaire de rappeler au demeurant, que l’exemple féministe musulman serait celui de Khadija, l’épouse du Prophète Mohammed, même Marek Halter, l’écrivain féministe, lui a consacré tout un roman à cette femme méconnue des musulmanes ou du moins pour la plupart. A contrario, pour l’écrivaine et militante féministe Wassyla Tamzali, il ne peut y avoir de féminisme islamique. À ses yeux, c’est un oxymore, elle précise que l’on peut être par ailleurs, musulman(e) et féministe car celui-ci revendique la parité en toutes choses contrairement au premier (le féminisme islamique) que se plie face aux fatwas (avis juridiques) phallocratiques. Le collectif « barbe » est un groupe d’action féministe français (fondé en 2008) à barbe, qui ne partage pas tous les visions des femens (collectif ukrainien crée en 2008) à poile !

    Les enfants du nouveau monde, en 1962, et les Alouettes naïves en 1967 de Assia Djebar se placent durant la guerre d’indépendance algérienne et évoquent le rôle des femmes au quotidien, leur rôle dans ce conflit, leur claustration dans la société traditionnelle algérienne et leur désir d’émancipation, ce sont les raisons pour lesquelles tout lecteur serait tenté de la qualifier de féministe.

    Pour créer une société plus féminine car plus passive !
    « L’amour a été inventé par les femmes pour permettre à ce sexe de dominer, alors qu’il était fait pour obéir » Jean Jacques Rousseau

    Par contre, Il y a ceux qui pensent à la « capitalisation » de la cause féminine, à commencer par le Conte de Pouchkine Le pêcheur et le petit poisson, qualifié de misogyne parce qu’il décrit la femme comme étant une mégère avide et acariâtre. Viendra après le roman naturaliste de Zola, Au bonheur des dames où les femmes sont considérées comme une « mine de houille » à exploiter, un véritable enjeu économique. Elizabeth Badinter, par exemple, à propos du statut de la femme, affirme que le plus important n’est pas de répertorier ce qui la différencie de l’homme, mais au contraire d’établir ce qui fait qu’un homme et une femme possèdent un patrimoine en commun, de manière à mieux le défendre.

    En musique, quand Georges Brassens rimait (Pénélope avec salope) dans une chanson qui s’intitule Misogynie à part, sortie en 1969. Puis viendra le jour où Julien Leclerc chantait en 1982 : « Femme, je vous aime » sans pour autant citer certaines chansons d’Orelsan qualifiées de sexistes. Inversement, quand Koxie, chante Garcon (gare aux cons) en 2007, elle n’a pas été traité de sexiste ! Ce qui fait le paradoxe. Zemmour ou les cinquante nuances de misogynie, il a été maintes fois qualifié de macho, son premier essai le premier sexe où il est dit que la transgression a toujours été une affaire d’homme, quant aux femmes, c’est plutôt la pluie dans le désert. Il n’hésitera pas à parler de la sacralisation du couple en cette époque qui ne cesse de se féminiser.

    Natasha Polony, dans son ouvrage L’homme est l’avenir de la femme , elle fait l’éloge d’un féminisme humaniste, et surtout lié à la tradition particulièrement française. Au chapitre intitulé : Eloge de la virilité du livre susmentionné, on pourra lire : « J’aime enfin découvrir à travers notre altérité ce qui nous unit et nous rend l’un à l’autre indispensables. Rien n’est plus destructeur du désir que l’abolition des frontières, le lissage minutieux des aspérités au nom de notre incapacité millénaire à penser la dualité. ».

    Dans L’effroyable imposture du féminisme , écrit par Lucie Choffey, qui peut être considéré comme une confession d’une trentenaire, mère à vingt-deux ans, elle expliquait qu’elle était une pro-féministe auparavant, mais la naissance de son fils a tout changé car cette avènement a remis en cause le féminisme de long en large et permis à ex-ingénieur de distinguer le féminisme de la femme voire de la féminité.

    Pour elle, l’égalité des droits hommes et femmes n’est qu’un faux progressisme, la circonstance factuelle est toute autre, elle a permis à la femme l’accès au travail salarier rien que pour en faire des consommatrices de plus, et encore, quelles consommatrices ? Des consommatrices du premier ordre. Ceci les capitalistes l’ont bien compris (la femme à l’origine de la société de consommation) dont la devise est : « Mourir avec plus de jouets que possible » C’est la raison pour laquelle que ces capitalistes veulent à tout prix imposer le modèle féminin, dans le seul but de féminiser la société, celle-ci qui ne cesse de devenir de plus en plus féminine, de fait, de moins en moins masculine.

    Faut-il rappeler que c’est grâce aux femmes que le capitalisme a réduit le salaire, c’est pour quoi on ne s’étonnerait pas si on lit K. Marx qui qualifiait les femmes d’armée de réserves du capitalisme. Une cuisine favorisée par la théorie du genre, une théorie contre nature pour d’innombrables biologistes à titre d’exemple le collectif d’enseignants et chercheurs en biologie et en philosophie biologique, qui écrit une tribune éditée par le monde le 10 Mars 2014 dénonçant l’usurpation du discours scientifique. Otto Weininger disciple de l’école de Vienne, dans Sexe et caractère est allé jusqu’à qualifier la femme d’être le plus facile à manipuler. Edward Bernays se vantait d’avoir participé à la manipulation du deuxième sexe, une manipulation bien disséquée dans son ouvrage intitulé Propaganda

    Pour finir avec une synthèse assez lucide d’Edgar Morin, invité par Unexpected Souces of Inspiration (USI) qui arrive toujours à ménager la chèvre et le chou. Lors de sa conférence sur La complexité. L’éminent sociologue expliquait en répondant à une question qui se porte sur les femmes que chaque sexe a les caractéristiques de l’autre sexe ne serait-ce que d’une manière inhibée, à titre d’exemple, les hommes ont des tétons bien qu’ils ne peuvent produire du lait, inversement, les femmes ont dans leur clitoris l’équivalent d’un sexe masculin atrophié.

    L’homme utilise plus l’hémisphère gauche, celui de la logique, de la rationalité et du calcul, contrairement à la femme qui utilise plus le cerveau droit, celui de l’intuition et de l’imagination. , Donc, l’homme a une domination de la masculinité et la femme la domination de féminité. Carl Gustav Jung, créateur de la psychologie analytique disait que la femme a besoin de l’animus comme l’homme tend vers l’animus, comme si nous étions tous, à l’origine hermaphrodite, puis chacun se met à la recherche de son autre part, c’était le mythe de Platon.

    Aziz Cheboub

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