Braves algériennes, impliables algériens
Je m’adresse à vous à l’aube d’une révolution grandissante. Nous saluons là une nouvelle Algérie, une Algérie de paix, de tolérance, d’amour, de fraternité et de justice. Faisons honneur à la bravoure qui a étreint nos cœurs le 22 Février 2019, et qui y habitera je l’espère, pour toujours.
Des revendications de causes plus importantes les unes que les autres sont nées au cœur battant des manifestations dans les rues d’Alger, dénonçant les douteux rouages de la politique algérienne et la répercussion malheureusement évidente sur notre société. Ainsi donc, une véritable course à l’amélioration s’est tissée aux côtés du cheminement révolutionnaire algérien. Les réseaux sociaux en sont témoin : Le trash challenge, qui a pour but d’encercler une zone distincte par une activité de nettoyage individuelle ou collective, et prendre en photo le satisfaisant résultat. Des fresques artistiques ornent à présent les murs délavés d’Alger et ses environs, illustrant la floraison d’une toute nouvelle mentalité dans l’esprit de la jeunesse algérienne à l’imagine de cette Algérie dont NOUS avons tous tant rêvé. Les échos de notre renouveau se propagent dans le monde entier.
Seulement, un mouvement peu commun aux yeux de notre société s’entremêle aux autres qui ont su être acceptés sans grandes difficultés. Celui des féministes algériennes.
Qui sont-elles ? Ce sont des femmes, comme vous et moi, qui se sont jointes aux rangs serrés du Hirak pour demander l’égalité entre les hommes et les femmes.

Le citoyen algérien se demande (j’exprime cette situation momentanée dans laquelle se trouve l’esprit, que l’on appelle QUESTIONNEMENT, de la manière la plus simple possible car ces fameux « questionnements » qui m’ont interpellée dans les commentaires ont été formulés de manière…singulière ? Inopinée ? Bref) : Quels sont ces droits ? Que veulent ces femmes ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
Ce que l’on veut ? De la considération.
Jeunes femmes de la capitale, vous dîtes que vous vivez paisiblement, que vous ne voyez rien qui puisse créer une entrave à vos droits.
Pourquoi?
Car vous sortez de chez vous la tête haute, car vous marchez vaniteusement dans les rues bondées d’Alger, vos diplômes en poche, car vous avez porté un cartable à votre dos et que vous avez été en face d’un tableau sans avoir peur de ne plus y faire face quand vous serez considérées en tant que « femme » aux yeux de la société. Pensez à ces fillettes qui se voient obligées de quitter l’école car elles sont promues à un avenir déjà tout tracé aux pieds d’un homme à qui elles doivent toute « protection », à ces jeunes filles voilées à l’aube de leur puberté sans même avoir le droit de riposter, pour cacher un corps qui ne doit pas attiser la gente masculine, et non par conviction religieuse.
Pensez à ces femmes qui fournissent des efforts surhumains pour élever leurs enfants, les instruire, les guérir et leur offrir toute leur attention, mais qui tremblent de peur à l’idée de voir le mari pester contre le dîner servi à la table familiale.
Ne faites pas semblant de ne pas savoir de quoi je parle, ne soyez pas indignés de cette réalité qui joue sinistrement et secrètement dans beaucoup de foyers algériens.
Vous trouvez ça normal? Je suis certaine que oui, et voici le comble.
Jeunes femmes de la capitale, si vous jouissez amplement de ces droits sans se pencher sur vos sœurs qui n’en ont pas une miette, alors vous n’êtes pas chanceuses ; mais égoïstes.
C’est ça, les « valeurs » que vous avez peur de voir disparaître? C’est ça, les excuses derrières lesquelles vous vous cachez pour taire les revendications féminines? Vous traitez les activistes de putes, de dévergondées, car elles ont profité de la parole qu’elles peuvent encore prononcer contrairement à d’autres, pour dénoncer une immense injustice.

Hommes, vous n’avez pas la moindre idée de ce qu’est le sentiment de se sentir inférieur à un être qui vous est semblable en tout point. Vous n’avez pas la moindre idée de la sensation de toujours devoir remerciement de gratitude au STATUT MASCULIN, qui n’agit en rien en tant que tel.
Voyez, je n’ai pas cité, ne serait-ce qu’une seule fois, la demande d’un changement des lignes religieuses, alors s’il vous plaît, un peu de bonne foi. Arrêtez de dissimuler votre manque d’arguments derrière des excuses aussi minables les une que les autres.

« Le mouvement féminisme n’a rien à faire au sein des manifestations, ce n’est pas le moment. »

Ce n’est pas le moment? Ce n’est pas le moment de bâtir une nouvelle Algérie sur de bonnes bases? Ce n’est pas le moment de réparer l’injustice, sous n’importe quelle forme soit-elle et faire régner l’égalité et la justice? Ressaisissez-vous, ouvrez les yeux. Je vis dans une époque où l’une de mes sœurs n’a pas le droit à la parole par manque d’instruction, ou simplement par restriction du droit à l’opinion, alors je parlerai et je défendrai ces femmes sans m’arrêter un seul instant. #Yetrabaw_ga3

Mel Bl