samedi, juillet 31, 2021
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    Louisa Bessad Ragot :Aujourd’hui, je peux vous confirmer que mon identité est un « atout majeur »

    Entretien – 5 questions à Louisa Bessad Ragot, lauréate du «Trophée de la Réussite au Féminin 2010» par ’association France Euro-Méditerranée à l’Assemblée Nationale : « Mon identité est un atout majeur »

    Coach, conférencière et formatrice en Interculturel adapté au monde des affaires et de la diplomatie, titulaire d’un DEA en Sciences de Gestion à l’université de Strasbourg. Elle se spécialise en coaching à IFG Paris puis à l’école Mediat-coaching Paris (accrédité EMCC).

    Formée et accréditée par le Conseil de l’Europe à la Méthodologie Spiral sur «Construire le progrès sociétal pour le bien-être de tous avec les citoyens et communautés». Son parcours professionnel est marqué par la diversité culturelle :

    poste à l’ambassade de France en Algérie au service de Coopération, adjointe de direction au sein d’une école supérieure à Strasbourg, dirigeante d’une société dans le domaine de la publicité, consultante commerciale en RH au sein de Vediorbis (groupe Randstad).

    Ses expériences personnelles et professionnelles diversifiées lui donnent aujourd’hui une vision globale qui lui permet d’appréhender avec perspicacité la réalité et les enjeux de la situation de ses clients.

    Elle s’engage auprès de chacun d’eux à les accompagner dans la préparation et la réalisation de leurs objectifs, les aider à l’amélioration de leurs performances, de leur autonomie et de leur leadership. Elle accompagne des experts dans des contextes de projets de coopération intergouvernementaux et les cadres dirigeants en Entreprise dans des contextes de croissance, de fusion, de réorganisation sous forme de coaching, de structure et de dirigeant, coaching de groupes et des équipes, formation des forces de vente et formation à l’interculturel.

    Louisa Ragot est membre de l’association européenne de coaching et adhère à sa charte de déontologie. Membre d’un « Groupe d’échanges de Méthodes (GEM) » – Conseil de l’Europe.

    DK News: Comment en êtes-vous venue au créneau de l’interculturalité ?

    Je suis Algérienne de naissance et de culture, ça veut dire née en Kabylie et grandi à Alger (Kouba puis Hydra). Donc, je suis née avec le privilège d’être dans un environnement multiculturel kabyle, arabe avec en plus deux langues latines à savoir le français et l’anglais qui sont devenues dominantes comme langues d’apprentissage. Sans le savoir, je nageais dans trois systèmes linguistiques qui forcément me donnaient une vision à trois dimensions.

    Mais, je n’étais pas consciente de cette diversité subjective. C’est en faisant des études en France à Strasbourg (capitale de l’Europe et noyau dur de la coopération franco-allemande), en m’y installant et fondant mon foyer il y a 23 ans, je me suis rendu compte au fil des années que j’avais une sensibilité plus large et que j’avais une aptitude et une capacité à comprendre et décoder les différents styles culturels.

    Dans un premier temps par le registre professionnel à l’ambassade de France à Alger au service de coopération qui consistait à gérer le programme boursier franco-algérien pour des doctorats 3e cycle en France (une partie importante de l’élite académique algérienne des années 90).

    Dans un deuxième temps, et par le biais de ma profession à Strasbourg où j’ai travaillé dans un grand groupe de travail temporaire en tant que consultante commerciale, fournissant en adéquation aux besoins des entreprises des ressources humaines, couvrant ainsi différents secteurs d’activités économiques exigeant de grandes qualités d’écoute, de compréhension de souplesse et surtout de réactivité.

    C’est cette expérience qui m’a fait gagner une bonne connaissance du fonctionnement du monde de l’entreprise européenne et la connaissance du tissu économique local. Et c’est ainsi qu’on a fait appel à moi pour donner une conférence au conseil de l’Europe sur la thématique suivante :

    « Comment optimiser le potentiel interculturel sur le marché du travail » et c’est lors de cette conférence que j’ai rencontré M. Patrick Schmidt, Américain de naissance et de culture, grand spécialiste de l’interculturel qui a confirmé que j’avais la capacité de basculer d’une culture à une autre.

    A communiquer d’une façon appropriée et capacité à faire travailler ensemble des personnes de différentes cultures.

    Et c’est depuis ce jour-là, que ma collaboration avec patrick Schmidt est née en tant que spécialiste de l’interculturel. J’ai donc étudié les ouvrages d’Edward Hall, Geert Hofstede et Fons Trompenaars.

    Vous destinez vos interventions à l’entreprise et à la diplomatie ; quels liens ?

    Le lien me concernant, la particularité de mon parcours, j’ai eu l’opportunité d’avoir un premier pas comme expérience professionnelle dans une ambassade qui est un grand portail ouvert sur le monde.

    A cela s’ajoute mon départ de la capitale algérienne vers la capitale européenne(Strasbourg) de par ma profession d’être en contact direct avec le monde des affaires où je suis devenue un acteur économique en créant ma société GLR Consulting SAS.

    L’entreprise par définition cherche le pragmatisme immédiat. Les entreprises sont dans une logique de rentabilité (il faut que ça fonctionne), ex : un manager français ou allemand doit avoir la capacité de basculer d’une réalité et pouvoir comprendre le monde subjectif de son homologue qui est d’une autre culture.

    Il faut qu’ils s’entendent avec le manager algérien pour que les choses se mettent en marche harmonieusement. Le monde de la diplomatie, ironiquement est plutôt une communication de pouvoir entre nations.

    C’est plus abstrait dans le sens où on cherche à signer des accords entre deux pays. Souvent, ils rencontrent les mêmes problèmes au niveau de la communication interpersonnelle et d’incompréhension comme n’importe quel dirigeant ou manager d’une entreprise qui souhaite travailler avec des entreprises de différentes cultures.

    C’est lors de la mise en application des accords signés qu’ils se rendent compte qu’une compétence interculturelle aurait été nécessaire.

    L’Interculturalité ne serait-elle pas un corollaire de la globalisation ?

    Bien sûr que oui. Aujourd’hui, je pense que le globe terrestre ressemble sous certains aspects à « un grand village». La mondialisation et les nouvelles technologies ne font qu’accélérer ce phénomène.

    A titre d’exemple : recruter à l’international, travailler à distance avec des collègues basés à l’étranger, négocier auprès d’une clientèle ou partenaires internationaux, demande une capacité de basculer d’une réalité culturelle à une autre.

    De ce fait, ces échanges entre des cultures diverses représentent un atout mais peuvent aussi rencontrer des difficultés d’adaptation aux différentes cultures. De par mon expérience personnelle et professionnelle d’abord de par ma première expérience de l’ambassade de France à Alger ensuite au travers de mes expériences ultérieures en Europe ; je me suis affranchie des frontières à la fois physiques et psychologiques, interétatiques et intercontinentales.

    Ainsi, je peux confirmer que l’interculturalité et la mondialisation représentent deux faces pour une même réalité, celle de vivre à l’universel car l’interculturalité est la langue de la globalisation.

    Votre passage aux services de l’ambassade de France à Alger a-t-il été d’un quelconque apport à cette quête de l’interculturalité ?

    Votre question est très bien placée, Merci ! Mon passage au service de l’ambassade de France à Alger m’a permis de me heurter au quotidien à une autre culture que la mienne ce qui m’a aidé à bien réaliser et à bien percevoir ma culture algérienne, d’optimiser ses atouts et de corriger ses faiblesses.

    En effet, cette expérience m’a servi à développer rapidement mes capacités de basculer entre la réalité algérienne et la réalité française et du coup de construire une troisième réalité qui est le mélange harmonieux des deux réalités.

    Je peux dire que ce passage était un révélateur, un accélérateur mais aussi un facilitateur qui a servi d’effet miroir. Aujourd’hui, avec du recul, je peux affirmer que mon passage à l’ambassade de France m’a permis d’acquérir la compétence interculturelle et m’a ouvert les portes sur la sphère culturelle internationale.

    Cette quête de l’interculturalité n’est-elle pas en réalité une affirmation d’une identité ?

    Pour moi et au vu de mon vécu et de mes expériences jusqu’à aujourd’hui, il n’était jamais question d’être en quête d’une quelconque identité (tribale, régionale, nationale). J’avais la mienne.

    Par ailleurs, je peux dire que l’interculturalité m’élève à un niveau plus haut de conscience qui me permet d’appréhender avec perspicacité les différentes réalités et les enjeux de mes clients de différentes cultures et de différents pays.

    ça renforce mon identité et lui donne une portée globale me permettant ainsi d’accompagner les cadres dirigeants et leurs équipes à réussir à l’échelle internationale quelle que soit leur identité.
    Aujourd’hui, je peux vous confirmer que mon identité est un « atout majeur ».

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