samedi, juillet 31, 2021
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    Libérez les femmes ! Nous dit-on.

    Il y a un débat très violent autour de la condition promise par les islamistes et les sociétés « musulmanes » aux femmes. Principal sujet sur nos sociétés et sur nos communautés de là-bas, les femmes en sont le « signifiant » fondamental. C’est à travers elles que les jugements sont produits et en leur nom que les libertés sont revendiquées.

    En apparence tout concorde, d’un côté des partisans de l’enfermement, du « voilage », de la marginalisation, de la minoration, de l’autre des chevaliers portant haut les idéaux de la libération de cette partie opprimée de l’humanité. Symboliquement et avec force, certaines femmes officiellement et, en apparence aussi, extirpées de l’enfer font l’objet d’une promotion à la tête des bataillons qui donnent l’assaut contre l’Islam et les musulmans liberticides.

    Le tableau est émouvant. Livres, films, documentaires télévisés, expositions, manifestations de rue et autres actions, animent la scène et imposent une idéologie sans concessions. La « musulmane » doit être sauvée des griffes de l’inquisition, à tout le moins du patriarcat étouffant qui bride son existence et compromet son épanouissement. Nous pourrions nous réjouir de tant de sollicitude, de tant d’engagement et de tant de militantisme. Mais il se trouve que la réalité est beaucoup plus complexe que ce manichéisme, qui séduit par sa simplicité.

    Les « défenseurs » des femmes, ne sont pas forcément sur tous les fronts où les femmes ont besoin de leur combat. Il peut même être que ces « défenseurs » n’aient pas du tout la vision que les femmes attendent d’eux. Vouloir « dévoiler » les femmes et leur ouvrir les portes des maisons-cloîtres, procède souvent de cette liberté dont le contenu ne dépasse pas le cliché dominant. Ainsi le même qui criera au loup contre le « barbu misogyne » trouvera tout à fait naturel que la femme « hors normes » soit une prostituée en puissance, qui doit obéir à la satisfaction de ses fantasmes.

    Vous le verrez écumer les restaurants et bars où des « émancipées », des femmes « libérées », selon le sens commun, pourraient tomber dans son escarcelle. Peu importera leur statut, sorties des codes, elles viennent s’offrir, coupables du délit d’une sexualité sans « protection ». De ce point de vue l’esclavage pornographique et la prostitution forcée de milliers de femmes ne provoquent pas d’indignation et ne font pas partie des facteurs d’indignation.

    Il en sera de même des statistiques, pourtant horribles par leur ampleur, sur les violences exercées sur les femmes, meurtres, blessures, humiliations… Ce qui permet de conclure et de dire que rien n’est simple sous le soleil de la propagande. Sinon nous assisterions à une mobilisation autrement plus acerbe et plus étendue. A la mesure de la véritable prévalence de l’oppression des femmes, sous toutes les latitudes.

    En ce sens, la visibilité du Hidjab ou de la burqa n’a pourtant pas plus d’intensité que les cris de détresse et les gémissements de douleurs de ces centaines de milliers de « non musulmanes », soumises à des maris, des pères, des frères, des proxénètes, « non barbus » et très souvent compatissants à l’égard des « musulmanes ».

    Ahmed Halfaoui

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