samedi, juillet 31, 2021
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    Femme: redynamisation du marché du travail, mais l’accès au poste de décision reste timide

    ALGER – Le marché du travail en Algérie a connu ces dernières années de profondes mutations qui ont permis une redynamisation de l’activité féminine, puisque le taux a plus que doublé pour atteindre 17,5% en 2013 mais l’accès aux postes de responsabilité et de décision reste « timide » avec un taux de seulement 9%.

    Une scolarisation massive des filles, un recul de l’analphabétisme et les mutations socio-économiques que connait le pays, sont autant de facteurs qui concourent à une redynamisation du marché de l’emploi en général et l’activité féminine en particulier, a indiqué la directrice de la population et de l’emploi auprès de l’Office national des statistiques (ONS), Mme Amel Lakehal.

    En effet, l’effectif des femmes occupées a été multiplié par 10 en l’espace de 36 ans (1977-2013). La part de l’emploi féminin sur l’emploi total a plus que doublé passant de 7,6% en 1977 à 17,6% en 2013, alors qu’au lendemain de l’indépendance, ce taux ne représentait que 5,2%, précise à l’APS, Mme Lakehal.

    La population occupée est estimée à 10.788.000 personnes, soit un taux d’occupation de 28%. Les femmes constituent 1.904.000 occupées, atteignant ainsi 17,6% de la population occupée totale.

    Le taux d’emploi (rapport population occupée à la population âgée de 15 ans et plus) est de 39% au niveau national, 63,7% chez les hommes et 13,9% chez les femmes.

    L’enquête a souligné que le niveau d’instruction universitaire constitue pour la femme le garant pour accéder au marché de l’emploi.

    Par ailleurs, les données de l’ONS montrent que le taux des femmes instruites occupées est plus élevé que celui enregistré chez les hommes. En effet, 40,3% ont un niveau universitaires et 25% un niveau secondaire, contre 11% et 21,1% chez les hommes.

    Ces données statistiques confirment « l’évolution de l’intégration de la femme dans le monde du travail », a relevé la même responsable, ajoutant que la scolarisation massive des filles, l’arrivée sur le marché du travail de générations

    plus instruites, le recul de l’âge au mariage, le recours de plus en plus élargi à la planification familiale, sont les facteurs qui expliquent cette progression.

    La femme algérienne est de plus en plus présente dans le monde de l’emploi, représentant 19% de la population active totale en 2013.

    Ainsi, la population active a été estimée à près de 11.964.000 personnes dont près de 2,27 millions sont des femmes, soit 19% de la population active totale en 2013, précise encore Mme Lakehal.

    Le taux d’activité économique (taux de participation à la force de travail), défini comme étant le rapport entre la population occupée, les chômeurs et la population âgée de 15 ans et plus, est estimé à 43,2% dont 69,5% pour les hommes et seulement 16,6% pour les femmes. Un taux « dérisoire » par rapport aux pays développés ou ce taux avoisine 50%, commente la responsable.

    L’accès de la femme aux postes de responsabilité reste « timide »

    Sur ce taux d’activité économique féminin (16,6%), 71,7% sont des femmes diplômées de l’enseignement supérieur, 45% sont diplômées de la formation professionnelle et 7,5% sans diplômes, selon la dernière enquête sur l’emploi et le chômage réalisée en septembre dernier par l’ONS.

    Mme Lakehal explique que la ventilation du taux d’activité selon le niveau d’instruction et le sexe fait ressortir que « le taux d’activité économique chez la femme est fortement corrélé à son niveau d’instruction », soit la même tendance relevée durant les dernières années.

    « L’activité chez les femmes est nettement faible comparativement aux hommes, quel que soit l’âge, mais en évolution continue », a-t-elle précisé, expliquant que le taux d’activité économique féminin par âge reste négligeable avant 20 ans, dû certainement à une scolarisation plus importante des filles.

    Ce taux augmente pour atteindre 17,3% auprès de la catégorie des 20-24 ans, mais atteint sa valeur maximale (31,4%) auprès des 25-29 ans, (une femme sur trois est active) puis décroît progressivement auprès des générations plus âgées.

    En dépit de cette évolution, l’accès des femmes aux postes de responsabilité et de décision « reste assez timide »: les femmes directrices, cadres de direction et gérantes ne constituent que 9% de l’ensemble de cette catégorie, selon l’ONS.

    D’autre part, il est à relever que la gent féminine est plus touchée par le chômage, puisque son taux a atteint 29,1% en 2013, alors que la moyenne nationale était de 9,8%, selon l’ONS.

    Cela reflète, selon Mme Lakehal,  »la difficulté des femmes à accéder à un poste d’emploi, en dépit de leur effectif nettement plus réduit dans la population active, et leur niveau d’instruction plus élevé ».

    L’absorption de cette demande massive de travail féminin, sous le double effet de l’accroissement démographique et de l’amélioration du niveau d’instruction, impose, selon Mme Lakehal, un débat sur l’adéquation entre la formation universitaire et l’offre de l’emploi.

    « Il est nécessaire de cerner non seulement, l’emploi et le chômage, mais également le halo du chômage », a-t-elle recommandé.

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