samedi, juillet 31, 2021
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    Biyouna à l’affiche dans Mohamed Dubois et Chaba Louisa

    Durant la nouvelle saison, Biyouna est à l’affiche de deux longs métrages. Mohamed Dubois d’Ernesto Ona, est sorti le 1er mai. Tourné avec Eric Judor et Sabrina Ouazani, le film met en scène le premier dans le rôle d’Arnaud Dubois, un riche héritier avec une tête à se prénommer… Mohamed. Et lorsqu’il fait la rencontre de Sabrina qu’il veut à tout prix séduire, il n’hésite pas à lui laisser croire qu’il est un beur comme elle, allant même jusqu’à s’installer dans sa cité.

    Avec Cheba Louisa de Françoise Charpiat qui sort le 8 mai, le scénario de Mariem Hamidat s’attache à la rencontre de Djamila (Rachida Brakni), une juriste célibataire qui fait tout pour gommer ses origines, et Emma, sa voisine de palier révoltée, qui peine à élever seule ses deux enfants.

    Après avoir été sollicitée en chanteuse dans Opéra d’Casbah de Fellag (2003), puis en coryphée dans Electre de Sophocle (2006) et enfin en vieille maquerelle sans scrupules dans La Célestine de l’Espagnol Fernando de Rojas (2009), voici venir la chanteuse-comédienne sur scène avec son premier One Woman Show. Celui-ci devait être visible en juillet 2010 à Avignon. Deux représentations de lancement étaient enfin programmées en juillet 2011 au Pradet. Mis en scène par Ramzy Bedia, le spectacle était à l’affiche du Théâtre Marigny à Paris, de janvier à mars 2012.

    Durant l’automne 2010, Biyouna était visible dans Il reste du jambon ? d’Anne Depetrini (Sortie : 27/10) et Holiday de Guillaume Nicloux (Sortie : 8/12). On l’a ensuite vue dans le second volet de Aïcha de Yamina Benguigui, suivi de Aïcha 3, la grande débrouille, tous diffusés sur France 2. Biyouna joue également dans La Source des femmes de Radu Mihaileanu, sélectionné en compétition au Festival de Cannes (Sortie : 2 nov. 2011) et Cheba de Françoise Charpiat (2012) en compagnie de Rachida Brakni et Isabelle Carré.
    Au printemps dernier, Biyouna était enfin invitée sur Bichon, le nouvel album de Julien Doré. Elle y figure sur « Bergman », aux côtés de Françoise Hardy sur « BB. Baleine » et d’Yvette Horner sur « Homosexuel » (Sortie : 21/03).

    Parmi les (très) bonnes surprises de l’année 2006, Blonde dans la Casbah est venu confirmer tout le talent d’une Biyouna chanteuse allumée et inspirée. Car Biyouna c’est d’abord une voie éraillée et charmeuse, entre Brigitte Fontaine, Mama Béa et Reinette l’Oranaise, qui s’insinue avec aisance, ici, dans les volutes d’une nostalgie pop et chaabi. Avec Blonde dans la Casbah, produit par le compositeur – arrangeur Joseph Racaille (Bashung, Thomas Fersen, Dick Annegarn), la comédienne-chanteuse nous gratifie d’un second album, façon cabaret, servi par des arrangements aux délicates incrustations de piano, de violon et de cuivres, de guitare et de mandoline. Galette de douceurs désuètes, Blonde dans la Casbah nous donne à découvrir une Biyouna abonnée aux sixties de ses premiers pas et de ses rêves encore intacts.

    On y trouve des duos heureux avec, Christophe (« La Man »), la diva afro-anglaise du soul-jazz Malia (« Bismilah »), Didier Wampas (« Merci pour tout »), et des reprises chaleureuses d’El Hachemi Guerouabi (« El Barah ») et Kamel Messaoudi (« Echemaa »). Biyouna, qui chante ses petites et grandes brûlures avec un brin d’insolence, y est tour à tour émouvante (« Bismillahi », « La Man »), déjantée (« Les Coyottes », « Merci pour tout »), théâtrale (« Demain tu te maries », « Merci pour tout »).

    Avec des mentions spéciales, en particulier pour « Ta’ali », une ballade signée Mohamed El-Hamel et Mohamed Iguerbouchène, deux grandes figures de la chanson algérienne de l’entre-deux-guerres ; pour « Demain tu te maries » aussi, un tube de Patricia Carli (1963) que Biyouna tenait tout particulièrement à reprendre. Mention spéciale également pour les épanchements de « Bismillahi », « La Man » et « Une blonde platine dans la Casbah », qui donne son nom à l’album, un hommage à la mère et complice de l’artiste disparue en 2005 à 84 ans. Sans oublier « Tsaabli ouetmili » en forme de révérence à Fadela Dzirya.

    Né d’un coup de cœur d’Olivier Gluzman – aujourd’hui son agent qui est allé la chercher à Alger -, Blonde dans la Casbah est sorti le 17 octobre chez Naïve. Avec une formation motivée qui comprenait notamment le poly-instrumentiste virtuose Henri Agnel (guitares) et Mustapha Mataoui (piano), Biyouna en a donné la primeur sur scène à Paris lors d’une série de concerts au Divan du Monde.

    Révélée en France par Nadir Moknèche avec Le Harem de Madame Osmane et Viva Laldjérie, elle a encore tourné avec lui Délice Paloma, un troisième long-métrage dans lequel Biyouna campe le rôle d’une chef de bande qui n’a pas froid au yeux. Durant l’automne 2006, Biyouna a en outre été sollicitée au théâtre. Jusqu’en mars 2007, la comédienne-chanteuse était visible en tournée dans Electre de Sophocle. Dans cette tragédie mise en scène par Philippe Calvario, Electre/Jane Birkin était accompagnée d’un chœur chanté mené par… Biyouna.

    Née en 1952 à Alger, sœur de la chanteuse Faïza el-Djazaïria, la petite Baya Bouzar de Belcourt fait ses début (tambourin, danse et chœur) dans les orchestres de Fadela Dzirya et Flifla, avant d’entamer, à dix-sept ans, une carrière de danseuse et de fantaisiste dans les cabarets d’Alger et du littoral. Très populaire après 1970 avec le succès de Dar Sbitar, l’adaptation de La Grande maison de Mohammed Dib par Mustapha Badie pour la télévision, elle sera régulièrement sollicitée pour le petit écran (une vingtaine de téléfilms et séries) et le cinéma (cinq longs métrages). On l’a également vue en première partie de l’Opéra de quat’souks de Fellag créé à l’Opéra Comique avec la complicité de Jérôme Savary.

    Après Biyouna en Coryphée dans Electre, la comédienne était de nouveau sur les planches, en vieille maquerelle sans scrupules, dans La Célestine de l’Espagnol Fernando de Rojas (2009). Dans cette pièce, Calixte est follement amoureux d’une Mélibée étroitement surveillée par sa famille et que sa servante Lucrecia ne quitte pas d’une semelle. Econduit par la belle et plus que jamais désireux de la conquérir, Calixte s’en remet à la Célestine, un personnage d’entremetteuse sans états d’âme. Tragi-comédie de mœurs forte et crue, pleine de mensonges, de ruses et de trahisons, publiée en 1499 et ici mise en scène par Frédérique et Henri Lazarini, le spectacle est mené tambour battant par une Biyouna / Célestine pleine de ressources et de mordant.

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